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En Corée du Sud, la condamnation de « Chrysanthème » illustre l’affrontement autour des réfugiés du Nord

Sur la zone démilitarisée, frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, en 2007. WIKIPEDIA / CC BY 2.5

Song Chun-son, alias « Chrysanthème », va passer trois ans dans une prison en Corée du Sud pour une affaire illustrant le conflit entre les deux Corées autour des réfugiés du Nord. Le tribunal de Suwon, près de Séoul, a condamné, mardi 23 novembre, la quadragénaire nord-coréenne pour infraction à la loi sur la sécurité nationale. Mme Song aurait participé – sous la contrainte, selon elle – à une machination orchestrée par les services nord-coréens pour convaincre des réfugiés du Nord de rentrer dans leur pays natal.

Cette détention est une nouvelle étape tragique de la vie chaotique de la native d’Onsong, près de la frontière chinoise. En 2003, elle fuit en Chine les pénuries alimentaires en Corée du Nord. La police chinoise l’arrête en 2007 et la renvoie dans son pays, où elle se retrouve dans un camp de travail.

Libérée en 2009, elle se lance dans une activité illégale de courtière, remettant l’argent envoyé par les réfugiés à leurs familles restées au Nord. Elle est repérée en 2014 par l’Agence nord-coréenne de sécurité nationale, qui la recrute sous le nom de code « Chrysanthème ». En 2018, elle parvient à fuir au Sud, où elle arrive après un périple par le Vietnam, le Laos et la Thaïlande. Elle suit alors une formation d’aide-soignante et travaille dans une ferme.

« Coopérer pour rester en vie »

Son passé a fini par la rattraper. Le contre-espionnage du Sud a établi qu’avant son arrivée, elle avait aidé un Coréen du Nord réfugié au Sud à rentrer dans son pays. Mme Song a admis avoir mis en contact un agent nord-coréen, Yon Chol-nam, avec un homme qu’elle avait connu lorsqu’elle travaillait comme courtière. Elle l’aurait appelé pour lui demander d’aider M. Yon, affirmant que l’agent était son mari et qu’il travaillait pour des familles nord-coréennes essayant de contacter leurs proches réfugiés au Sud.

Avec l’aide du réfugié, M. Yon a tenté de persuader plusieurs personnes de retourner au Nord. L’une de ces cibles, Kang Chol-woo, et sa partenaire, également réfugiée, ont cédé et sont repartis au Nord en 2016.

Mme Song a expliqué qu’elle n’avait pas eu le choix que d’obéir aux services du Nord. « Elle devait coopérer pour rester en vie », a déclaré au New York Times sa sœur, Chun-nyo, arrivée en Corée du Sud en 2019. « L’accusée a agi comme agent de l’Agence de sécurité nationale, a participé à une opération contre la Corée du Sud, pour le retour d’un réfugié nord-coréen dans son pays », a toutefois estimé le tribunal de Suwon.

Instrumentalisation

L’affaire illustre la guerre de l’ombre que se livrent Séoul et Pyongyang autour des plus de 33 800 réfugiés du Nord venus au Sud depuis les années 1990. Dès son arrivée au pouvoir, en 2011, le dirigeant Kim Jong-un a poussé au rapatriement, par tous les moyens, de ces réfugiés. Vingt-huit seraient revenus ces dix dernières années. Selon les services du Sud, certains retournent volontairement en Corée du Nord car ils ne parviennent pas à trouver leur place dans la société sud-coréenne. D’autres seraient enlevés ou la cible de chantage.

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