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Au Honduras, une nouvelle condamnation pour le meurtre de l’écologiste Berta Caceres

A supporter of slain Honduran environmental and Indigenous rights activist Berta Caceres holds a flyer with her image calling for justice, during a protest as the trial against Roberto David Castillo Mejia goes on in Tegucigalpa, Honduras, Monday, July 5, 2021. A court has unanimously found Castillo Mejia guilty of participating in the killing of Caceres, who was shot by armed men at her home on March 3, 2016, considering him the mastermind of the crime. (AP Photo/Elmer Martinez) ELMER MARTINEZ / AP

« Berta n’est pas morte ! La lutte continue ! » La décision de la Cour suprême de justice du Honduras, lundi 5 juillet, de reconnaître coupable de l’assassinat de la militante écologiste Berta Caceres le dirigeant de la société d’hydroélectricité, dont elle dénonçait un projet de barrage, a provoqué des cris de joie devant le tribunal.

« Roberto David Castillo a eu une participation dans cette affaire comme coauteur du crime d’assassinat au préjudice de Berta Isabel Caceres », a annoncé la juge lors d’une audience publique. Il est la huitième personne condamnée pour cet assassinat, mais le premier haut responsable de l’entreprise hondurienne Desarrollos Energéticos SA (DESA).

Arrêté le 2 mars 2018 à l’aéroport de San Pedro Sula (nord-ouest) alors qu’il tentait de fuir le pays, Roberto David Castillo, un ex-militaire diplômé de l’académie américaine de West Point devenu gérant de l’entreprise DESA, était accusé d’avoir « facilité la logistique et d’autres ressources à un des auteurs matériels ». Sa peine sera prononcée le 3 août.

Communications téléphoniques probantes

Le 2 décembre 2019, quatre tueurs à gage qui avaient abattu la militante écologiste à son domicile de La Esperanza, à 200 km de Tegucigalpa, dans la nuit du 2 mars 2016, ainsi qu’un major de l’armée, un responsable de DESA, et l’ancien chef de la sécurité de l’entreprise, avaient été condamnés à des peines allant de 30 à 50 ans de prison. Ils avaient également été condamnés pour la tentative d’assassinat d’un ami de Berta Caceres, le sociologue mexicain Gustavo Castro, qui se trouvait à son domicile la nuit de l’attaque. Touché par plusieurs tirs, M. Castro avait été laissé pour mort, mais avait survécu.

Au cours du procès, le tribunal a révélé le contenu de communications téléphoniques entre le responsable et les sept autres condamnés, montrant que M. Castillo avait méticuleusement planifié l’assassinat et la rémunération des tueurs à gage.

Indigène et féministe de renom, Berta Caceres, qui allait avoir 43 ans, avait reçu de nombreuses menaces de mort parce qu’elle s’opposait à l’édification par DESA d’une centrale hydroélectrique, le projet Agua Zarca. Elle dénonçait les risques écologiques du barrage et le fait que la communauté lenca, qui considère le fleuve Gualcarque comme un lieu sacré, n’avait pas été consultée. Le chantier de la centrale avait été paralysé par les manifestations organisées par l’ONG Conseil civique des organisations populaires et autochtones du Honduras (Copinh), qu’elle dirigeait. En 2015, elle avait reçu le prix Goldman pour l’environnement.

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