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Vente de permis de chasse pour tuer 500 éléphants au Zimbabwe… Scandaleux !

Les autorités du Zimbabwe ont annoncé la vente de permis de chasse pour tuer 500 éléphants, invoquant la perte de revenus depuis l’arrêt du tourisme causé par la crise sanitaire. Une ONG locale craint une flambée des conflits entre les humains et les clans des pachydermes abattus. La Fondation 30 Millions d’Amis alerte sur le sort de l’espèce, qui vient d’être classée « en danger d’extinction » sur la Liste Rouge des espèces menacées.

Un demi-millier d’éléphants… à abattre ?! Au Zimbabwe, pays d’Afrique de l’Est frontalier de l’Afrique du Sud, du Botswana et du Mozambique, les autorités ont annoncé la vente de 500 permis de chasse pour tuer des pachydermes. Une décision motivée par la baisse des recettes touristiques due à la crise sanitaire : « Notre fonctionnement nécessite un budget d’environ 25 millions de dollars, qui est recueilli – en partie – grâce à la chasse sportive, mais (…) le tourisme est au point mort en ce moment », s’est justifié Tinashe Farawo, porte-parole de l’Autorité de gestion des parcs et de la faune, interrogé par CNN (22/04/2021). Les permis de chasse devraient en effet « rapporter » quelque 70.000 dollars (soit environ 60.000 euros) par « tête ».

Ce véritable « massacre programmé » s’avère d’autant plus choquant que l’éléphant de savane d’Afrique et l’éléphant de forêt d’Afrique viennent d’être classés respectivement « en danger d’extinction » et « en danger critique d’extinction » sur la Liste Rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature [les éléphants d’Afrique étaient auparavant considérés comme une seule espèce classée « vulnérable », NDLR]. « Les éléphants d’Afrique jouent un rôle clé dans les écosystèmes et les économies, mais aussi dans notre imaginaire collectif, partout dans le monde, soulignait le Dr Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN, à l’occasion de la sortie de l’évaluation (25/03/2021). Nous devons, de toute urgence, mettre un terme au braconnage et veiller à ce que suffisamment d’habitats convenables soient conservés pour les éléphants de forêt et de savane. »

Le nombre d’éléphants de savane d’Afrique a diminué d’au moins 60 % au cours des 50 dernières années, selon les rapports réunis par l’organisme. Si les effectifs de pachydermes sont certes en augmentation dans certains pays comme le Zimbabwe, la chasse de plusieurs centaines d’individus pourrait toutefois engendrer des effets en cascade : « La chasse aux trophées perturbe la faune sauvage et intensifie les conflits entre les humains et les animaux, avertit Simiso Mlevu, porte-parole du Centre pour la gestion des ressources naturelles (CNRG), une ONG locale de défense de l’environnement, cité par CNN. Il est presque certain que les survivants témoins de l’abattage absurde des membres de leur famille se vengeront plus tard sur de malheureux villageois locaux. »

La chasse aux trophées une nouvelle fois décriée

« Contrairement aux arguments du gouvernement selon qui la chasse aux trophées viserait à contribuer à la conservation [des animaux et de leur habitat], cette pratique est motivée par la cupidité et, souvent, l’argent n’est même pas comptabilisé, dénonce le représentant de l’ONG. Il est nécessaire de prendre des mesures plus novatrices et plus respectueuses de l’environnement pour générer davantage de revenus grâce aux safaris photo et au tourisme en général. » En choisissant de tirer profit de l’abattage de pachydermes en dépit des dommages que cela impliquerait, le Zimbabwe suit le triste exemple du Botswana voisin, où les autorités ont récemment délivré des permis de tuer 287 éléphants d’ici la fin de la saison de chasse (6/04/2021). Cessons cette tuerie organisée !

Mise à jour : Nonobstant la présence forte des éléphants dans la région, certains défenseurs de l’environnement s’interrogent par ailleurs sur la façon dont sont établis les quotas de chasse et s’ils se fondent sur des preuves scientifiques concernant la population d’éléphants et sa pérennité. « Je comprends que la chasse puisse être utile en tant qu’outil de gestion [de la faune], mais cela devrait être fondé sur la science, or malheureusement, au Botswana, nous n’avons pas les ressources financières ou la main d’oeuvre formée pour des recherches sur la population des différentes espèces [animales]« , confie Map Ives, fondateur et directeur de l’ONG Rhino Conservation Botswana (RCB), à l’AFP (6/04/2021).

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