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Au Mexique, le président cherche à renforcer sa légitimité à mi-mandat

Le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, à la fin de la cérémonie d’inauguration du nouvel aéroport international de Zumpango, dans l’Etat de Mexico, le 21 mars 2021. PEDRO PARDO / AFP

« Le peuple a le dernier mot ! », a clamé le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), à quelques jours d’un référendum, organisé dimanche 10 avril, sur la poursuite ou non de son mandat. Le président nationaliste de centre-gauche est le promoteur de cet exercice de démocratie directe, inédit au Mexique, qui pourrait bien se muer en plébiscite en regard de sa forte popularité. L’opposition appelle à l’abstention, dénonçant « une manœuvre populiste » d’« AMLO » qui viserait à relancer, à mi-mandat, son projet réformateur.

Les 93 millions d’électeurs sont appelés, dimanche, à répondre à cette question : « Etes-vous d’accord pour que le président du Mexique soit révoqué pour perte de confiance ou qu’il reste à la présidence de la République jusqu’à la fin de son mandat ? » Cet exercice correspond à une promesse de campagne d’« AMLO », prise au nom de la « souveraineté populaire » et qu’il rappelle tel un mantra lors de ses conférences de presse quotidiennes.

Le président a porté à bout de bras cette réforme, votée en septembre 2021 par le Congrès, où son Mouvement de régénération nationale (Morena, centre-gauche) et ses alliés sont majoritaires. Selon la nouvelle loi, 40 % des électeurs (37,1 millions) doivent participer au scrutin pour valider le résultat de ce référendum révocatoire. « Si le peuple le décide, je m’en irai, même si la participation n’atteint pas ce pourcentage, a promis « AMLO ». A quoi sert un président sans soutien populaire ? » Le président de la Chambre des députés, Sergio Gutierrez, issu de Morena, prendrait alors sa place, selon la Constitution.

« Initiative d’idôlatrie »

Le chef de l’Etat prend peu de risques. Les sondages le créditent d’environ 60 % d’opinions positives depuis trois ans. Depuis son élection triomphale, en 2018 (53 % des suffrages), il se pose en rupture avec le système clientéliste et corrompu du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), qui a gouverné le pays sans partage durant soixante et onze ans jusqu’en 2000, avant de reprendre le pouvoir de 2012 à 2018. « Fini les privilèges des élites voraces qui conspirent contre la démocratie », assure « AMLO », en campagne permanente contre ses adversaires.

« Cette consultation populaire est une initiative d’idolâtrie présidentielle », a fustigé Marko Cortes, président du Parti action nationale (PAN, droite). Il dénonce « une ruse » d’« AMLO » pour mobiliser ses partisans avant le scrutin du 5 juin, qui mettra en jeu six des 32 postes de gouverneurs. D’autant que, depuis le scrutin législatif de 2021, Morena et ses alliés restent majoritaires, mais ne disposent plus des deux tiers des sièges au Congrès nécessaires au vote des réformes constitutionnelles annoncées par « AMLO », dont celle sur le renforcement de l’entreprise publique d’électricité (CFE). « Nous ne participerons pas à cette simulation d’exercice démocratique », a averti M. Cortes.

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