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Europe : « Une attitude constructive et sincèrement plus intéressée envers la Suisse est attendue de la France »

Tribune. Le président de la République française a exprimé sa volonté que la présidence française de l’Union européenne (PFUE) soit un « moment utile pour l’Europe ». Pourtant, le blocage politique entre l’UE et la Suisse ne semble pas prioritaire pour « l’Européen » Emmanuel Macron. Actuellement, les relations entre l’Union européenne (UE) et la Suisse s’apparentent à un casse-tête chinois.

Le peuple suisse regimbe systématiquement toute marque laissant penser à une forme d’adhésion à l’UE. En effet, les récentes négociations entre l’UE et la Suisse ont été interrompues le 26 mai 2021, le Conseil fédéral (gouvernement suisse) ayant estimé que le texte sur la table n’emporterait pas l’adhésion populaire. Des accords bilatéraux, anciens et au nombre de cent trente, régissent actuellement les relations de l’UE avec la Suisse.

La Commission européenne a clairement indiqué que ceux-ci ne peuvent perdurer sans un accord sur les relations institutionnelles. Pourtant, contrairement à ce que laissent entendre les responsables de la Commission européenne ou français, la Suisse sait ce qu’elle veut. Elle veut poursuivre la collaboration européenne dans le cadre de ces accords bilatéraux.

Trouver les dénominateurs communs

En face, la Commission européenne ne l’entend pas de cette oreille et exige de la Suisse que les relations soient régies par un accord institutionnel. C’est ici le point d’achoppement pour plusieurs raisons dont, par exemple, le règlement des différends par la Cour européenne de justice de l’UE. Il est évident que le Conseil fédéral se braque face à l’imposition d’une instance partiale car dépendante du partenaire avec qui la Suisse s’engage.

Ainsi, résoudre l’équation à plusieurs inconnues revient à trouver les dénominateurs communs entre l’UE et la Suisse pour pouvoir poursuivre la collaboration. La PFUE a laissé entrevoir un espoir pour débloquer l’impasse née de l’abandon des négociations à Bruxelles. Cependant, le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, Clément Beaune, l’a douché sans ménagement le 12 janvier, lors d’une commission parlementaire de l’Assemblée nationale.

La Suisse n’est pas une question prioritaire de la PFUE et le président Macron refuse de jouer les thaumaturges. Compte tenu des liens historiques, culturels, linguistiques et économiques indissociables entre la Suisse et la France, une attitude plus proactive en faveur de la Suisse aurait été attendue. « Les relations entre la France et l’Helvétie ne se sont cependant pas bornées (…) à être paisibles : elles ont été aussi riches d’histoire, qu’il s’agisse des faits historiques proprement dits ou de la vie de l’esprit », écrivait Le Monde en 1967.

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