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E-sport : avec le projet LNX, l’armée française se lance dans les jeux vidéo

QUENTIN FAUCOMPRÉ

« Une armée qui innove, c’est une armée qui ne dépose jamais les armes. » C’est sur ces mots que la ministre des armées, Florence Parly, a conclu le dernier Forum innovation défense (FID), en novembre 2021. Etaient conviés à cet événement annuel, lancé peu après la création de l’Agence de l’innovation de défense (AID) en 2018, nombre d’industriels de l’armement, acteurs publics et investisseurs intéressés par l’avenir de l’institution militaire. Cette année, on pouvait y croiser des chiens robots, des échantillons de peau pour grands brûlés, des alarmes capables de repérer des microdrones…, mais aussi, et c’est une première, du jeu vidéo compétitif.

« Je suis très fière de vous annoncer le lancement du projet d’e-sport LNX », poursuivait la ministre. L’e-sport, autrement dit la pratique compétitive et organisée de certains jeux vidéo, est en effet au cœur d’une initiative supervisée par l’institution militaire et menée par trois acteurs distincts : l’AID, Les Jeunes IHEDN (l’association d’élèves militaires de l’Institut des hautes études de défense nationale) et le club d’e-sport montpelliérain MTP Esport. « Demain, piloter un char de combat comme le Griffon, ce ne sera pas si différent que de s’orienter dans un jeu vidéo à l’aide d’un joystick », s’enthousiasmait encore Florence Parly, voyant en l’e-sport « un potentiel d’attractivité et de rayonnement considérable ».

Pour l’heure l’initiative, censée mêler recherche, compétitivité et communication, est toujours « en phase de structuration » et devrait se concrétiser dans les prochains mois, explique Emmanuel Chiva, directeur de l’AID et qui sera l’un des chefs d’orchestre de LNX. « Nous commençons notamment à discuter avec l’Institut de recherche biomédicale des armées pour voir dans quelle mesure nous pouvons dériver les nouveaux modes d’entraînement cognitif des cyberathlètes, pour les pilotes de combat ou les opérateurs de drones, par exemple. » L’armée dit s’intéresser ainsi, entre autres, à la capacité des joueurs professionnels à se repérer dans des espaces virtuels et à la cohésion d’équipe que demandent certains jeux.

« Pas forcément des jeux militaires »

Au-delà des travaux de recherche sur ce que le jeu vidéo pourrait apporter aux forces armées, l’AID souhaite également lancer une chaîne sur Twitch, la plate-forme de streaming détenue par Amazon, et constituer une équipe de cyberathlètes capable de s’illustrer sur différentes licences, « pas forcément des jeux militaires » comme Counter Strike ou Call of Duty. C’est d’ailleurs Rocket League, titre au succès e-sportif remarquable, qui est pour l’instant au cœur des discussions. Le directeur de l’AID espère aussi, d’ici à 2024, créer un tournoi de jeux vidéo baptisé « Eurodefense Battle » au cours duquel l’équipe de joueurs et militaires français affronterait d’autres nations européennes.

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