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Face à Moscou, des sanctions européennes toujours en discussion

Le ministre autichien des affaires étrangères, Alexander Schallenberg (de dos), et son homologue grec Nikolaos Georgios Dendias (à gauche), accueillent le Portugais Augusto Santos Silva, au siège de l’UE, à Bruxelles, le 24 janvier 2022. JOHN THYS / AFP

En présentant le programme du conseil des ministres des affaires étrangères qui devait se tenir lundi 24 janvier, à Bruxelles, des diplomates de l’Union européenne (UE) jouaient, à la fin de la semaine dernière, une partition connue : la célébration d’une prétendue unité indéfectible des Vingt-Sept leur permettant de définir une position commune face à une Russie qui continue de menacer l’Ukraine.

Evoqué à plusieurs reprises, le programme de sanctions qui serait imposé à Moscou en cas d’agression militaire est, en fait, toujours en discussion. « Le travail est en cours et s’accélère, indiquait, ces derniers jours, une source diplomatique. Le coût serait massif, les conséquences importantes. Mais pas question d’aller plus vite que la musique. » En clair, pas d’annonce officielle avant un éventuel mouvement des troupes russes. Et pas question, non plus, de dévoiler au Kremlin le contenu d’une possible réplique, annoncée comme « rapide et extrêmement claire », qui serait déclenchée au cas où « toute action agressive vis-à-vis de l’Ukraine » serait entreprise.

« En réalité, ce scénario aurait dû être prêt bien plus tôt, objecte Sven Biscop, professeur de stratégie à l’université de Gand et directeur du programme “Europe dans le monde” au groupe de réflexion Egmont, à Bruxelles. Aujourd’hui, l’Europe ne fait que réagir alors qu’elle aurait dû élaborer son projet et le soumettre aux Etats-Unis. »

Deux événements ont semé le trouble

En était-elle capable ? Lundi, les Vingt-Sept devaient souligner une fois encore leur « très forte coordination ». Entre eux et avec Washington. Et ils devaient adopter à l’unanimité un texte annoncé comme « très clair, malgré des intérêts et des sensibilités différentes », selon un diplomate.

Comme il a ressoudé l’OTAN, le président russe, Vladimir Poutine a, par ses menaces, ses déclarations et ses exigences à l’endroit des pays occidentaux, fait taire temporairement les dissonances du camp européen, toujours partagé entre les tenants d’une fermeté à tout prix et ceux qui, France et Allemagne en tête, entendent maintenir un « canal de dialogue » avec le Kremlin. Les premiers, qui partagent pour la plupart une frontière avec la Russie, ne font en réalité confiance qu’aux Etats-Unis, et non à l’UE, pour assurer leur sécurité.

Les seconds tentent d’allier volonté de conciliation et fermeté, tout en sachant que des sanctions décrétées demain ne seraient peut-être pas plus efficaces que celles appliquées après l’annexion de la Crimée en 2014. « Leur coût n’a pas été assez fort pour favoriser un retrait russe mais il a simplement signalé ce que les Européens jugeaient inacceptable », analyse M. Biscop.

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