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Des rebelles tigréens accusent l’Éthiopie d’avoir tué des civils dans une attaque de drone

Publié le : 08/01/2022 – 20:26

Un porte-parole du Front de libération du peuple du Tigré (TLPF) a accusé, samedi, le gouvernement éthiopien d’être responsable de la mort de dizaine de civils dans un camp de déplacé situé dans le nord du pays lors d’une attaque de drone.

Nouvelles tensions en Éthiopie, au moment où le gouvernement montrait des signes d’ouverture en faveur d’une « réconciliation nationale ». Les rebelles du Tigré ont accusé samedi 8 janvier le gouvernement d’avoir tué des dizaines de personnes dans un camp de déplacés du nord du pays en guerre.

Samedi, le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a déclaré sur Twitter qu’une attaque de drone contre un camp de déplacés « a coûté la vie à 56 civils innocents », selon un bilan provisoire, dans la petite ville de Dedebit, dans le nord-ouest du Tigré.

Ces allégations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les responsables du gouvernement éthiopien n’ont pas répondu pour le moment aux sollicitations de l’AFP. L’accès au Tigré est restreint et les communications restent coupées dans la région. 

Toutefois, un responsable de l’hôpital principal de Mekele, la capitale du Tigré, a déclaré à l’AFP que l’hôpital de la ville de Shire, où les victimes ont été évacuées, avait fait état de 55 morts et 126 blessés. 

Trois autres personnes ont été tuées dans un raid aérien sur un camp de réfugiés de la région, avait rapporté l’ONU cette semaine.  

Amnistie

La journée de samedi a cependant aussi été marquée par la libération de plusieurs personnalités de l’opposition éthiopienne, après une amnistie inattendue décrétée la veille par le gouvernement à d’importants détenus politiques, dont des dirigeants du parti tigréen.

Cette annonce surprise est intervenue après un appel à « la réconciliation nationale » lancé vendredi à l’occasion de la célébration du Noël orthodoxe par le Premier ministre Abiy Ahmed, dont le pays est déchiré depuis 14 mois par un conflit entre le gouvernement fédéral et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Les combattants du TPLF se sont repliés fin décembre dans leur fief de la région la plus septentrionale du Tigré face à une offensive militaire des forces gouvernementales, qui ont repris le contrôle d’une série de villes stratégiques. 

Les affrontements ont connu une accalmie depuis la retraite du TPLF, bien que les rebelles accusent le gouvernement de continuer à mener des frappes meurtrières de drones sur le Tigré.

Ouvrir la voie à une « réconciliation nationale »

Selon le gouvernement, l’objectif de l’amnistie est « d’ouvrir la voie à une solution durable aux problèmes de l’Éthiopie ». « La clé d’une unité durable est le dialogue », ajoute son communiqué, où sont énumérés les noms de plusieurs dirigeants de l’opposition, mais aussi de membres importants du TPLF.  

 Il n’était pas clair si le gouvernement a proposé des négociations avec le TPLF, parti qui a dirigé de fait l’Éthiopie pendant trois décennies jusqu’à ce qu’Abiy Ahmed prenne le pouvoir en 2018, mais qui est désormais considéré comme un groupe « terroriste » par Addis Abeba.  

L’amnistie a été saluée par les Nations unies et l’Union africaine, fers de lance des efforts internationaux pour mettre fin au conflit. Le chef de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, l’a qualifiée de « geste important d’apaisement de la situation politique », exprimant l’espoir qu’il ouvre la voie à un dialogue national « véritablement inclusif ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a affirmé qu’il restait « activement engagé à aider l’Éthiopie » pour « rétablir la paix et la stabilité ».

Avec AFP

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