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« L’axe actuel Paris-Berlin-Rome-Bruxelles donne un aperçu de ce que pourrait faire l’Europe quand les planètes sont alignées »

Cela a pris quatre ans, mais on y arrive. Lorsque les historiens de la construction européenne se pencheront sur la décennie 2020, peut-être établiront-ils que la réponse au discours de la Sorbonne, feu d’artifice de propositions pour l’Europe lancé par le jeune président Emmanuel Macron en septembre 2017, est venue de Berlin en novembre 2021, dans un épais document de 177 pages : le contrat de coalition du gouvernement allemand dirigé par le chancelier Olaf Scholz. Et que cet événement en deux temps a donné un nouvel élan à l’intégration de l’Union.

Car si le chancelier a fait campagne sur sa capacité à ressembler à la chancelière Angela Merkel, son programme de gouvernement est beaucoup plus audacieux sur l’Europe. En de nombreux points, son ambition épouse celle que M. Macron, dans sa fougue de débutant, espérait lancer il y a quatre ans. Sagement assise sur ses trois mandats, accaparée par d’interminables négociations sur son quatrième, Angela Merkel l’avait traitée par le mépris.

Comme un symbole de ce fil renoué, c’est Clément Beaune, architecte du discours de la Sorbonne et aujourd’hui secrétaire d’Etat aux affaires européennes, qui est allé accueillir Olaf Scholz à Orly, le 10 décembre. Suivant la tradition, c’est à Paris que le nouveau chancelier a réservé sa première visite à l’étranger, de même que la ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock, et celui des finances, Christian Lindner – représentant chacun l’un des trois partis de la coalition « tricolore » : social-démocrate, Verts et libéral.

A Rome, le « sauveur de l’euro »

Le moteur franco-allemand paraît donc prêt à redémarrer. Cela tombe bien, car d’importantes échéances l’attendent en 2022 : la présidence française de l’Union européenne (UE), la présidence allemande du G7, des orientations stratégiques de fond à prendre, au sein de l’UE et à l’OTAN. Mais surtout, la volatilité de l’environnement international a accéléré le mûrissement du projet européen et cette coalition allemande, poussée par une forte impulsion pro-européenne des Verts, arrive à point. Les planètes seraient-elles donc alignées ?

On peut le croire, au moins pour un moment : à Paris, un président qui a fait de l’Europe sa marque de fabrique et qui aura à cœur de montrer, s’il veut être réélu, que grâce à la présidence tournante de l’UE, à partir du 1er janvier 2022, il peut obtenir des résultats ; à Berlin, un nouveau gouvernement en ordre de marche, qui revendique une dynamique européenne ; à Rome, un premier ministre, Mario Draghi, auréolé de son titre de sauveur de l’euro ; à Bruxelles, une Commission qui se définit comme « géopolitique » et commence à se doter d’instruments, comme celui des contre-sanctions tout récemment mis sur pied, pour défendre les Etats membres dans un univers hostile.

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