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A Dubaï, Emmanuel Macron défend son choix de traiter avec les régimes autoritaires du Golfe

Le président français, Emmanuel Macron, et le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed, au pavillon français de l’Exposition universelle, à Dubaï, le 3 décembre 2021. THOMAS SAMSON
/ AFP

Le cadre, celui de l’Exposition universelle de Dubaï, aux pavillons plus grandioses les uns que les autres, se prête aux mises en scène. La signature du contrat record portant sur la vente de 80 Rafale aux Emirats arabes unis (EAU) s’est pourtant tenue dans une relative discrétion, vendredi 3 décembre au matin. Le président français venait à peine d’atterrir dans la capitale économique des Emirats, première étape d’une visite expresse de deux jours dans le Golfe.

Quelques photos prises à la volée dans un vaste palais de marbre, pas de conférence de presse commune entre Emmanuel Macron et le prince héritier Mohammed Ben Zayed : les deux hommes et leur délégation ont juste déjeuné ensemble dans un restaurant proche, pour célébrer ce moment à la fois attendu et controversé.

Le contrat, accompagné de la vente de douze hélicoptères Caracal d’Airbus et de différents accords de partenariats économiques, met certes un terme à des années de négociations entre trois présidents français – Nicolas Sarkozy, François Hollande puis Emmanuel Macron – et leurs homologues émiratis. Mais avec cette signature, Dassault Aviation réussit aussi le tour de force d’exporter plus d’appareils dans ses six pays clients qu’il n’en vend, à ce stade, aux armées françaises. De quoi se consoler en partie, du point de vue des responsables français, du revers subi mi-septembre, lorsque l’Australie a renoncé à l’achat de douze sous-marins conventionnels français, au profit de bâtiments à propulsion nucléaire américains, après l’annonce du pacte de défense entre Canberra, Londres et Washington, négocié dans le dos de Paris.

La France, « un partenaire solide »

« C’est le plus gros contrat militaire à composante française de notre histoire », s’est félicité M. Macron, en croisant la presse un peu plus tard, sans son hôte du jour. Fort de ce succès à l’export, le chef de l’Etat a ensuite visité, sourire aux lèvres, le pavillon français de l’Exposition universelle. Ce dernier cherche précisément à mettre en valeur la technologie française.

Seule ombre au tableau, qui explique peut-être la sobriété de cette annonce : les critiques des organisations de défense des droits humains sur cette visite. « Ce qui est bon pour les Françaises et les Français, je le défends ardemment », argue Emmanuel Macron, droit dans ses bottes, pour justifier la signature de tels contrats avec des régimes autoritaires. Pour le chef de l’Etat, il s’agit d’une preuve de l’étroitesse des liens tissés entre Paris et Abou Dhabi, en particulier pendant son mandat.

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