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Le Maroc disposé à favoriser une reprise des négociations entre Israël et Palestiniens

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Visite du ministre de la défense israélien, Benny Gantz, à son homologue marocain, Abdellatif Loudiyi, le 24 novembre 2021, à Rabat. AFP

Le Maroc, qui a normalisé ses relations avec Israël en décembre 2020, est disposé à « mettre à profit » ses liens avec toutes les parties du conflit israélo-palestinien pour favoriser la reprise du processus de paix, a déclaré, lundi 29 novembre, le roi Mohammed VI. « Le Maroc poursuivra ses efforts afin de réunir les conditions propices à un retour des parties à la table des négociations », a déclaré le monarque à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Pour ce faire, le royaume « mettra à profit sa position et ses relations privilégiées avec toutes les parties et les puissances internationales agissantes », a-t-il ajouté dans un discours.

Le Maroc a rétabli des relations avec Israël il y a un an dans le cadre des Accords d’Abraham, processus de normalisation entre l’Etat hébreu et des pays arabes soutenu par l’administration américaine. Les deux pays avaient déjà noué des relations diplomatiques au début des années 1990 avant que Rabat n’y mette fin au début de la seconde Intifada, le soulèvement palestinien du début des années 2000 contre l’occupation israélienne.

Des manifestations anti-normalisation avec Israël se sont déroulées lundi au Maroc, mobilisant quelques dizaines de militants propalestiniens dans plusieurs villes du royaume, selon des vidéos postées sur les réseaux sociaux.

Comme ce fut le cas dimanche déjà, un rassemblement de protestation contre le rapprochement avec l’Etat hébreu a été empêché par les autorités à Rabat, a constaté l’AFP. « Ça fait quarante-trois ans que nous célébrons cette journée [de solidarité] sans problème et sans interdiction, mais là, c’est la première fois qu’on nous a interdits [de manifestation] », a déploré Ahmed Amine, un manifestant de 65 ans. Un autre sympathisant propalestinien, Mouad Al-Jouhri, 63 ans, a fustigé « la trahison et la normalisation avec l’ennemi (israélien) ».

« Coup de poignard »

Dans son discours, Mohammed VI a réclamé « des efforts diplomatiques intensifs et efficaces » afin de « relancer les négociations entre les deux parties dans la perspective de trouver une issue favorable à la question palestinienne dans le cadre de la solution à deux Etats », sur la base des frontières de 1967 et des résolutions du droit international.

Le souverain marocain a en outre appelé à préserver l’identité arabe et islamique de Jérusalem ainsi que « son statut juridique, historique et démographique ». Mohammed VI est président du comité Al-Qods, chargé de contribuer à la sauvegarde des lieux saints musulmans à Jérusalem.

Manifestation propalestinienne avortée, le 24 novembre 2021, à Rabat. FADEL SENNA / AFP

Son discours survient quelques jours après la signature à Rabat d’un accord de coopération sécuritaire « sans précédent » entre le royaume chérifien et l’Etat hébreu lors d’une visite au Maroc du ministre israélien de la défense, Benny Gantz.

Cet accord − le premier du genre avec un pays arabe, selon la partie israélienne − doit notamment faciliter l’acquisition par le Maroc de technologies de l’industrie militaire d’Israël, au grand dam de l’Algérie voisine, rivale régionale et qui a fait de la cause palestinienne un pilier de sa diplomatie.

Dans un communiqué, le Fatah, parti nationaliste laïc dirigé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a qualifié lundi de « coup de poignard dans le dos de Jérusalem » l’alliance sécuritaire maroco-israélienne.

Le Monde avec AFP

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