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La Chine, négociatrice très intéressée de l’accord sur le nucléaire iranien

Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à gauche) lors d’une rencontre avec son homologue chinois, Wang Yi (à droite), le 27 mars 2021 à Téhéran. Les deux pays avaient ce jour-là signé un accord de coopération stratégique sur vingt-cinq ans. – / AFP

Alors que les pourparlers reprennent à Vienne (Autriche), lundi 29 novembre, autour du nucléaire iranien, la Chine, signataire de l’accord de 2015 dont l’administration Trump s’est retirée en 2018, ne croit pas davantage que les Occidentaux à une percée spectaculaire. « Le résultat de ce round de discussions permettra surtout d’avoir une description plus claire des positions respectives de l’administration Joe Biden aux Etats-Unis et de l’administration [d’Ebrahim] Raïssi en Iran », explique Niu Song, professeur à l’institut des études sur le Moyen-Orient à l’université de Shanghaï, dans un long article publié lundi par le China Daily et l’agence Chine nouvelle.

Il faut attendre le dernier paragraphe pour voir de quel côté penche Pékin : « La Chine, un des plus fervents avocats des pourparlers, va exhorter les Etats-Unis et l’Iran à résoudre leurs différends à travers la négociation et à gérer les conflits de façon effective tout en aidant l’Iran à protéger ses droits et ses intérêts légitimes », conclut l’article, en citant ce chercheur.

Pékin s’oppose notamment aux sanctions imposées par les Etats-Unis contre l’Iran. Alors que Washington estime que c’est la principale arme dont ils disposent contre Téhéran, « la Chine estime qu’elles ne font qu’aggraver la situation », explique au Monde Wang Jin, directeur de l’institut d’études du Moyen-Orient à l’université du Nord-Ouest de la Chine située à Xian. D’ailleurs, cet expert reconnaît que, malgré l’embargo, la Chine achète du pétrole iranien : « On ne peut pas faire autrement et d’ailleurs nous ne sommes pas les seuls. La Turquie et l’Inde aussi en achètent », pointe-il. Malgré tout, il juge que « la Chine n’a pas la capacité de faire pression sur l’Iran ».

« Stratégie de revers »

Ce n’est pas forcément le point de vue des Occidentaux même si nul ne pense que Pékin peut dicter sa loi à Téhéran. Les deux pays rejettent « l’impérialisme américain » qu’ils jugent « facteur de déstabilisation » au Proche-Orient comme dans le reste du monde. Depuis 2009, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Iran et les relations entre les deux pays ne cessent de se renforcer. Malgré l’embargo, les deux pays ont conclu, en mars, un accord commercial d’une durée de vingt-cinq ans portant sur pas moins de 400 milliards de dollars (355 milliards d’euros). « C’est l’aboutissement de la visite effectuée par Xi Jinping en Iran en 2016 mais, en raison des sanctions américaines, il n’y a pas eu jusqu’à présent beaucoup de retombées concrètes », juge Wang Jin.

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