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Une mission clandestine du renseignement militaire français en Egypte mise en cause

Emmanuel Macron accueille son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, à l’Elysée, à Paris, le 12 novembre 2021. LUDOVIC MARIN / AFP

Ce sont des révélations qui viennent soulever un peu l’épaisse chape de plomb posée sur la coopération militaire entre la France et l’Egypte et donnent une idée des possibles dérives d’une relation considérée comme stratégique par les deux pays.

Selon des informations publiées dimanche 21 novembre par le média Disclose, une mission clandestine de reconnaissance aérienne du renseignement militaire français, initialement prévue pour contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la région frontalière entre la Libye et l’Egypte, aurait en réalité été détournée de son but. Et ce, en permettant indirectement aux autorités égyptiennes, entre 2016 et 2019, de mener un certain nombre de frappes contre des réseaux ordinaires de trafiquants d’armes, de drogues ou de migrants, et donc de causer des morts « civils », selon Disclose.

D’après le média en ligne, qui s’appuie sur plusieurs documents classés secret-défense principalement issus de la direction du renseignement militaire (DRM), cette mission baptisée « Sirli » aurait été mise sur les rails le 25 juillet 2015, lors d’une rencontre au Caire entre les ministres de la défense de l’époque des deux Etats : Jean-Yves Le Drian pour la France et Sedki Sobhi côté égyptien. Il s’agissait alors de sécuriser la frontière entre l’Egypte et la Libye alors que cette dernière était en plein chaos, quatre ans après la chute de Mouammar Kadhafi. Le Monde n’a pas pu vérifier ces informations de source indépendante mais, en France, le ministère des armées n’a pas contesté depuis leur véracité.

Selon ces documents, c’est ainsi en février 2016 qu’une équipe française aurait été envoyée dans le désert égyptien, dans une zone qui s’étend du Nil à la frontière libyenne. L’équipe opère essentiellement depuis la base militaire égyptienne de Marsa Matruh et est constituée de dix agents français – quatre militaires et six anciens de l’armée reconvertis dans le civil – ainsi que de deux pilotes et de quatre analystes. Ces derniers sont mis à disposition par une entreprise privée luxembourgeoise qui a l’habitude depuis plusieurs années de travailler avec les services de renseignement français. C’est cette société qui loue aussi à l’armée française l’appareil nécessaire à la mission : un avion léger de surveillance et de reconnaissance (ALSR) de type Merlin III, équipé d’un capteur optique et d’une capacité d’interception de renseignement d’origine électromagnétique (émetteurs radar et de télécommunication).

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