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Le rappeur Valtònyc fait vaciller la Couronne belge

Condamnéen 2017 par la justice espagnole pour apologie du terrorisme et insulte à la Couronne, le rappeur Valtònyc (ici, en 2018, à Bruxelles) s’était exilé en Belgique. EPA/STEPHANIE LECOCQ/MAXPPP

Il s’appelle Valtònyc, et pas sûr que, au palais royal de Laeken, on connaisse le répertoire incendiaire de ce rappeur espagnol réfugié en Belgique depuis 2018. A la fin du mois d’octobre, pourtant, le chef de l’Etat belge et son entourage ont dû découvrir, un peu stupéfaits, que Josep Miguel Arenas Beltran – son vrai nom – était parvenu à obtenir en quelques mois ce que les nationalistes et extrémistes ­flamands, ainsi que quelques républicains ­wallons, réclamaient depuis des décennies : la fin d’une disposition légale datant de 1847 et punissant le « crime de lèse-majesté », à savoir les offenses envers le roi.

Valtònyc-Beltran, un natif de Majorque qui chante en catalan, doit se retrouver, mardi 23 novembre, devant les juges de la cour d’appel de Gand. Pour la lecture de leur arrêt et, probablement, savourer une victoire, pas tellement sur le roi Philippe, mais sur les autorités de son pays, qui réclament son extradition sur la base d’un mandat d’arrêt européen.

Acte 1 : la fuite

Retour en arrière. En 2017, Valtònyc est condamné par la justice espagnole pour apologie du terrorisme et insulte à la Couronne. Dans des textes datant de 2012, le chanteur a évoqué le meurtre de membres du gouvernement, de partis de droite et, lors d’un concert, il a lancé : « Qu’ils aient peur comme un garde civil au Pays basque. » Il a également visé la famille royale, traité Juan Carlos Ier de « voleur », et évoqué un rendez-vous du roi « sur la place du village, une corde autour du cou ».

Quand son jugement est confirmé par la Cour de cassation, il gagne alors la Belgique, où il est aidé par des avocats qui défendent déjà les dirigeants indépendantistes catalans réfugiés dans le pays, dont Carles Puigdemont, ex-président de la Généralité de Catalogne, dont Madrid tentera en vain d’obtenir l’extradition.

Valtònyc et ses défenseurs vont engranger un premier succès en contestant, devant la Cour de justice de l’Union européenne, le mandat d’arrêt délivré par Madrid. Les juges de Luxembourg constatent, en mars 2020, que celui-ci n’est pas valable : il évoque une infraction pour apologie du terrorisme, ce qui doit, en principe, rendre automatique l’extradition par la Belgique.

A une condition : que l’infraction soit passible de trois années de prison dans le pays où elle a été commise, l’Espagne en l’occurrence. Or, les paroles de Valtònyc datent de 2012 et, à ce moment, la loi espagnole prévoyait une peine maximale de deux ans seulement… La loi a, certes, été revue et adoptée en 2015 mais ne pouvait s’appliquer de manière rétroactive, indiquent les magistrats européens.

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