France World

Omar Souleyman, le « roi de l’électro-folk » syrienne, poursuivi en Turquie pour terrorisme

Le chanteur syrien Omar Souleyman quitte l’hôpital escorté par des policiers turcs, à Sanliurfa, le 18 novembre 2021. STR / AFP

C’est au cours d’une descente de police organisée à son domicile au centre d’Urfa, une grande ville du sud-est de la Turquie, que le chanteur syrien Omar Souleyman a été arrêté mercredi 17 novembre. Accusé d’appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) considéré par la Turquie et ses alliés occidentaux comme une « organisation terroriste », le chanteur à la renommée mondiale risque plusieurs années de prison. Largement diffusée par les médias turcs, la nouvelle de son arrestation a soulevé une vague d’indignation chez ses nombreux fans sur les réseaux sociaux.

Apprécié d’un large public, turc, kurde, arabe, Omar Souleyman, le roi de l’électro-folk syrienne, a fait ses débuts en tant que chanteur dans les mariages dans le nord-est de la Syrie, où il est né, avant d’évoluer vers un style musical combinant musiques traditionnelles syriennes et électro. En 2011, lorsque la guerre a éclaté dans son pays, il s’est réfugié à Urfa en Turquie non loin de la frontière syrienne où sa popularité n’a fait que croître. Ses concerts en Europe, ses clip vidéos, sa coopération avec la chanteuse islandaise Björk l’ont fait connaître mondialement.

Avec l’argent gagné au fil de ses tournées, il avait ouvert en 2019 une boulangerie à Akçakale, une ville située sur la frontière syrienne, pour venir en aide aux réfugiés. A l’époque, il avait vanté l’accueil généreux consenti par la Turquie à plus de 3 millions de ses compatriotes, devenus réfugiés comme lui. « Les Syriens sont très heureux ici. Tous leurs besoins sont satisfaits, tant en matière de santé que d’éducation. Et l’Etat leur fournit également une aide pour leur subsistance », avait-il déclaré à la presse le 13 novembre 2019, à l’ouverture de la boulangerie.

Répression accentuée

Les raisons qui ont motivé son arrestation restent floues car Omar Souleyman n’a rien d’un chanteur engagé. Ses chansons, rédigées en arabe pour la plupart, portent souvent sur des thèmes romantiques et non politiques. Sa chanson en langue kurde Warni Warni (« Viens à moi, viens à moi ») est l’un de ses plus gros tubes, affichant plus de 94 millions de vues sur YouTube.

Selon l’agence turque Ihlas, le parquet turc accuse le chanteur d’avoir prononcé, il y a plusieurs années en Allemagne, un discours élogieux envers Abdullah Ocalan, le chef du PKK emprisonné. D’après des sources anonymes, Omar se serait rendu récemment en Syrie, dans la zone contrôlée par le parti syrien prokurde PYD, considéré par les autorités turques comme la branche syrienne du PKK, ce qui, en Turquie, suffit à justifier des poursuites pénales.

Il vous reste 41.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

L’article Omar Souleyman, le « roi de l’électro-folk » syrienne, poursuivi en Turquie pour terrorisme est apparu en premier sur zimo news.