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Au Nicaragua, Daniel Ortega isolé après un scrutin dénoncé comme une « farce »

Des portraits de prisonniers politiques nicaraguayens, lors d’une manifestation d’opposants en exil, le 7 novembre, à Guatemala City. JOHAN ORDONEZ / AFP

La victoire du président nicaraguayen, Daniel Ortega, réélu sans surprise, dimanche 7 novembre, lors d’un scrutin sans concurrence, a été accueillie par une condamnation quasi unanime de la communauté internationale. L’ancien guérillero sandiniste et son épouse, Rosario Murillo, vice-présidente, ont remporté officiellement le scrutin présidentiel avec 74,9 % des voix. Un résultat rejeté en bloc par l’opposition qui dénonce une « farce électorale », après l’arrestation de sept candidats déclarés.

Dimanche, les 3 106 bureaux de vote étaient quasi déserts dans ce petit pays d’Amérique centrale (6,6 millions d’habitants), gouverné par M. Ortega de 1979 à 1990 et de 2007 à aujourd’hui. Le Conseil suprême électoral (CSE) a pourtant annoncé, tard dans la nuit, une participation de plus de 65 % des 4,4 millions d’électeurs, après le dépouillement de la moitié des bulletins de vote. Selon le CSE, assujetti au régime, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir) conservera aussi la majorité des 90 sièges de député en jeu dimanche. Des chiffres contestés par les 1 450 observateurs non officiels, mobilisés dans 353 bureaux de vote par l’organisation non gouvernementale Urnas Abiertas. L’observatoire assure que la participation a plafonné à 18,5 % en moyenne sur le territoire, confirmant que la plupart des Nicaraguayens ont répondu à l’appel à une « abstention massive », lancé par l’opposition.

« Les citoyens ont exprimé leur rejet de la dictature », assurait, lundi, un communiqué de l’Unité nationale bleu blanc (UNAB), qui fédère une partie des mouvements protestataires, nés en avril 2018 d’une révolte inédite et pacifique réclamant le départ du couple présidentiel. A l’époque, la répression brutale contre les manifestants avait fait 328 morts, poussant à l’exil plus de 100 000 Nicaraguayens, la plupart au Costa Rica voisin. Le vote de plusieurs lois liberticides, fin 2020, par les députés du FSLN, a conduit à l’arrestation, cet été, de sept prétendants de l’opposition à la présidentielle, et à l’exil de deux autres, empêchés de candidater. Tous sont accusés de « trahison à la patrie » ou de « blanchiment d’argent », au même titre que trente-deux autres opposants, journalistes ou grands patrons, également incarcérés depuis. Sans compter que le CSE a annulé, quelques mois avant les élections, l’existence légale des trois partis d’opposition, laissant seules en lice cinq petites formations politiques, satellites du régime.

Election « pantomime »

Selon les rares médias indépendants, le FSLN a organisé, dimanche, des tournées pour mobiliser les électeurs, alors qu’un sondage, publié mi-octobre par l’institut CID-Gallup, révélait que seulement 19 % d’entre eux voteraient pour M. Ortega. Des informations passées sous silence par les chaînes de télévision, liées au régime, préférant couvrir le vote de M. Ortega, bientôt 76 ans, et de Mme Murillo, 70 ans, au centre de Managua, sous les applaudissements de leurs supporteurs.

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