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Le Congrès américain prêt à poursuivre Steve Bannon, proche allié de Donald Trump

Steve Bannon, en mai 2018, à Prague. MICHAL CIZEK / AFP

Les élus américains se sont prononcés, jeudi 21 octobre, en faveur de l’engagement de poursuites pour entrave au travail du Congrès contre Steve Bannon, proche allié de l’ancien président Donald Trump, qui refuse de participer aux investigations sur l’assaut contre le Capitole, le 6 janvier.

L’ancien conseiller de 67 ans avait été l’un des artisans de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016. Il n’exerçait aucune fonction officielle le 6 janvier mais semble avoir parlé de la manifestation avec le président au cours des jours précédents, selon la commission spéciale de la Chambre des représentants, qui enquête sur le rôle de l’ancien président républicain dans l’attaque de ses partisans contre le siège du Congrès.

Malgré sa convocation, Steve Bannon ne s’est pas présenté devant les élus la semaine dernière. « Nous ne permettrons pas que quiconque fasse dérailler notre travail car celui-ci est trop important : faire en sorte que le futur de la démocratie américaine soit robuste et sûr », a déclaré le président de la commission d’enquête, l’élu démocrate Bennie Thompson.

Par ce vote de la Chambre des représentants, Steve Bannon est désormais renvoyé devant des procureurs fédéraux qui devront décider ou non de l’inculper. Le cas échéant, il encourrait jusqu’à un an de prison. Mais la bataille judiciaire pourrait prendre des mois ou des années, ce qui pourrait saper l’enquête.

Un témoignage essentiel

Le témoignage de Steve Bannon est vu comme essentiel car il est censé permettre de comprendre ce que faisait Donald Trump avant et pendant l’assaut, selon les déclarations de la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi :

« Selon des informations publiées, Steve Bannon avait une connaissance précise des événements du 6 janvier avant qu’ils ne se produisent, a joué de plusieurs façons un rôle relatif à l’attaque et était très franc à ce sujet. »

Steve Bannon a quant à lui déclaré que les avocats de Donald Trump lui avaient conseillé de ne pas se présenter devant la commission en invoquant le droit des présidents à garder certains documents et discussions confidentiels. Mais selon la commission, cette protection ne s’applique pas car Trump n’est plus président et n’a jamais officiellement fait valoir ce privilège de l’exécutif.

La résolution visant à confier aux procureurs le soin d’inculper Steve Bannon a été adoptée par 229 voix contre 202, à la Chambre des représentants. Les 220 élus démocrates de la Chambre l’ont soutenue, alors que le dirigeant des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, qui avait initialement appelé à une enquête mais a passé les mois suivants à essayer de la contrecarrer, avait exhorté ses troupes à voter non.

Finalement, neuf républicains ont voté « oui », dont Liz Cheney, vice-présidente de la commission d’enquête et l’une des seules voix dissidentes au sein de son parti contre Donald Trump. L’autre membre républicain de la commission Adam Kinzinger, qui a aussi voté en faveur des poursuites, a lancé que « personne n’est au-dessus de la loi ».

Le Monde avec AFP

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