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Chez les Palestiniens, la fin de cavale de prisonniers a relancé le procès en loyauté envers les Arabes israéliens

Un palestinien brandit un poster à l’effigie des 6 évadés d’une prison israélienne, dans le camp de Jenine, le 6 septembre 2021. JAAFAR ASHTIYEH / AFP

LETTRE DE JÉRUSALEM

Près de deux semaines de cavale, un chemin de croix puis une douche froide. L’arrestation des six détenus palestiniens évadés de la prison israélienne de Gilboa, les 10, 11 et 18 septembre, a suscité une immense déception parmi les Palestiniens. Selon les avocats de deux de ces hommes, érigés en héros nationaux, le groupe n’avait apparemment aucun plan une fois les murs du pénitencier franchis. Les quatre premiers, arrêtés au bout de cinq jours, ont échoué à passer en Cisjordanie, et erré par petits groupes dans les campagnes, se nourrissant de baies, peinant à trouver de l’eau.

L’oreille collée à une radio pour suivre les nouvelles de leur traque, ils n’ont visiblement pas reçu de soutien de leurs organisations (le Fatah et le Jihad islamique, petite formation vouée à l’action violente). Dans les environs de Nazareth, deux d’entre eux auraient tenté de chercher de la nourriture auprès d’habitants, selon les autorités israéliennes. Ils ont été capturés près du mont du Précipice, au sud de la ville.

Le plus célèbre d’entre eux, Zakaria Zubeidi, ancien patron des brigades du Fatah à Jénine, dans le nord de la Cijsordanie, durant la seconde Intifada (2000-2005), a été retrouvé peu après, déshydraté, sur un parking à l’est de Nazareth. Son avocat a affirmé que les hommes qui l’ont arrêté lui avaient brisé la mâchoire et deux côtes, alors qu’il était menotté. Les deux derniers ont été arrêtés à Jénine, samedi 18 septembre. Ils se cachaient hors du camp de réfugiés de la ville, qui restait sur le pied de guerre depuis deux semaines, et se sont rendus sans résistance.

Mais le plus dur, pour l’opinion palestinienne, est que des habitants de Nazareth, ville arabe d’Israël, qui les avaient aperçus durant leur errance, ont facilité leur capture, selon la police israélienne, trahissant ainsi la cause nationale. « Pendant quatre jours, les fugitifs ont cru qu’ils obtiendraient de l’aide et du soutien d’Israéliens arabes, et ils avaient tort », s’est félicité le ministre de la sécurité publique israélien, Omer Bar-Lev, le 11 septembre.

Sur les réseaux sociaux palestiniens, les noms et les photographies de résidents de Nazareth accusés d’avoir dénoncé les évadés ont été publiés. Les intéressés ont nié. Des habitants de Jénine ont enjoint ceux de Nazareth à ne plus se rendre dans leur ville. Des Arabes d’Israël viennent habituellement en nombre y passer le week-end, faire des courses ou se soigner à moindres frais.

Jamal Zubeidi, l’oncle de Zakaria, a affirmé sur Facebook qu’« à partir d’aujourd’hui, en ce qui [le] concerne, [les Palestiniens d’Israël] sont des Arabes israéliens – bédouins israéliens, druzes israéliens, chrétiens israéliens et circassiens israéliens – tous leurs enfants servent dans l’armée israélienne et [travaillent] dans des entreprises de défense israélienne, ils en sont fiers, ils lèvent le drapeau israélien et chantent Hatikva », l’hymne national israélien.

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