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Après le scandale Pegasus, la discrétion du gouvernement israélien

Le ministre de la défense israélien, Benny Gantz (à gauche), avec le premier ministre de l’Etat hébreu, Naftali Bennett, à la  Knesset, à Jérusalem, le 7 juillet 2021. AP

Mercredi 21 juillet, lors d’une conférence sur la cybersécurité à Tel-Aviv, le chef du gouvernement israélien, Naftali Bennett, n’a pas eu un seul mot pour le scandale Pegasus. Depuis le début de la semaine, les responsables politiques du pays font profil bas ; les journaux, à l’exception du quotidien Haaretz, qui fait partie du consortium à l’origine des révélations, sont vite passés à autre chose.

Pourtant l’entreprise NSO, bien que privée, n’agit pas sans contrôle du gouvernement israélien : pour exporter ses logiciels, comme pour toute vente d’armes à l’étranger, elle doit obtenir le feu vert du ministère de la défense. Lequel a fait savoir mardi, à travers la voix de son ministre, Benny Gantz, qu’il était « en train d’étudier » les accusations portées contre le groupe implanté à Herzliya. « L’Etat d’Israël autorise les exportations de produits de cybertechnologie uniquement à des gouvernements, uniquement pour un usage dans le cadre du droit, et uniquement afin d’empêcher des crimes et des actes de terrorisme ou d’enquêter dessus », s’est-il défendu. Israël affirme n’avoir « pas accès aux informations rassemblées par les clients de la NSO ».

En coulisses, cependant, le gouvernement aurait mis sur pied une équipe interministérielle, sous les ordres du Conseil national de sécurité, pour s’emparer de l’affaire – histoire d’être prêt, en cas de répercussions diplomatiques. Le ministre de la santé, Nitzan Horowitz, du parti de gauche Meretz, devait demander des « clarifications » sur l’affaire à Benny Gantz jeudi ; l’un des députés de sa formation politique exige la suspension des licences d’exportation de la NSO. Mais le reste des responsables politiques est largement silencieux, à commencer par l’autre ministre (à l’environnement) issue de Meretz, Tamar Zandberg, qui avait pourtant tenté de faire pression contre l’entreprise de cybersurveillance devant les tribunaux en 2017, après des révélations sur l’utilisation de Pegasus contre des défenseurs des droits de l’homme, journalistes et parlementaires au Mexique.

Une arme invisible

Aujourd’hui à la tête du gouvernement, Naftali Bennett avait lui songé, fin mars 2020, à faire appel à la NSO pour mettre sur pied un système permettant d’évaluer, en temps réel, la probabilité, pour chaque citoyen israélien, d’être infecté par le Covid-19. Il était alors ministre de la défense et l’idée avait été vite abandonnée. Haaretz avait dans la foulée révélé que M. Bennett était une connaissance de la présidente de NSO, Shiri Dolev, par ailleurs très proche de son alliée politique, Ayelet Shaked, aujourd’hui ministre de l’intérieur. En 2017, sur un plateau de télévision, elle avait ainsi été présentée comme sa meilleure amie, selon le quotidien.

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