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Elon Musk, l’entrepreneur survolté qui a fait décoller Tesla

Par Arnaud Leparmentier

Publié aujourd’hui à 05h49

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Enquête« Elon Musk, un héros américain » (3/6). Au départ, il y a un ingénieur, Martin Eberhard, qui veut agir pour la planète en concevant une voiture révolutionnaire, 100 % électrique. Il fonde une société qu’il baptise Tesla. Mais c’est bien Elon Musk, avec ses capitaux et son esprit d’entreprise, qui fera de l’affaire une épopée industrielle.

« On est dans l’Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende. » Ainsi s’achève L’Homme qui tua Liberty Valance (1962), western de John Ford, où l’on découvre que le héros qui a tué le bandit (Lee Marvin) n’est pas celui que l’on croyait. L’imposteur (James Stewart) est devenu sénateur quand le courageux cow-boy (John Wayne) est mort dans l’anonymat. « Contrairement à “Liberty Valance”, nous ne voudrions pas publier la légende », a expliqué Le Monde à Martin Eberhard quand il lui a fait part du projet qui consistait à raconter la « véritable histoire des fondateurs de Tesla ». Sa réponse fut immédiate : « J’appréhende un peu ces demandes ; cela conduit toujours à la publication d’articles d’adoration pour Elon Musk. » Le « vrai » fondateur de Tesla a fini par accepter. L’ingénieur vit aujourd’hui dans sa maison de Californie, si isolée et éloignée des technologies modernes que l’entretien a eu lieu sur un bon vieux téléphone fixe…

Martin Eberhard ne le cache pas : « Je ne suis pas un grand fan d’Elon Musk. » « Il prétend qu’il a fondé la compagnie, mais il n’était pas là, vous savez, poursuit l’ingénieur. Il n’a jamais mis les pieds dans notre premier bâtiment de Menlo Park [Californie]. Il était un investisseur. Il n’avait pas de bureau, il venait pour les conseils de surveillance. » De la fondation de Tesla, en juillet 2003, à la fin 2007, le PDG opérationnel de l’entreprise, c’était Martin Eberhard. Mais très tôt, Elon Musk a cru dans l’affaire et y a investi sa fortune personnelle, alors qu’Eberhard n’avait pas un sou en poche. Certes, celui-ci avait lancé avec succès une start-up de livres électroniques, NuvoMedia, dans les années 1990, avec son ami de toujours, Marc Tarpenning, mais ce n’était pas assez pour financer la construction d’un prototype de voiture électrique. « Je n’étais pas un type riche comme Musk. Savez-vous quelle part je détenais dans ma boîte quand je l’ai vendue ? 2 %. Et ma femme en a eu la moitié lors de notre divorce… » L’entreprise ayant été évaluée un peu moins de 200 millions de dollars (environ 175 millions d’euros d’aujourd’hui), cela lui a laissé 2 millions… avant impôts.

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Alors lorsque début 2004, un certain Elon Musk le convie à venir le rencontrer du côté de Los Angeles, Martin Eberhard n’a pas le choix. Il dit oui aux 6,5 millions de dollars offerts par Musk, qui devient ainsi premier actionnaire et président du conseil de surveillance de Tesla. Et c’est le même qui demandera à Eberhard de démissionner fin 2007, quand il faudra franchir une nouvelle étape et passer des prototypes à la production industrielle. Un compromis accepté par les deux hommes accordera plus tard à Elon Musk le titre de cofondateur de Tesla.

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