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Retour discret en France d’un général napoléonien mort en Russie

Des membres d’un club historique et des proches du général français Charles Etienne Gudin portent son cercueil lors d’une cérémonie de transfert de sa dépuille de Russie en France, à Moscou, le 20 juin 2021. ALEXANDER NEMENOV / AFP

La date ne doit rien au hasard. Retrouvée voici deux ans dans la région de Smolensk, en Russie, c’est en cette année de bicentenaire de la mort de Napoléon que la dépouille de Charles Etienne Gudin, l’un des généraux de l’Empereur, mort en 1812 pendant la campagne de Russie, devait être rapatriée en France, mardi 13 juillet. Un Airbus A320 spécialement affrété devait atterrir en début d’après-midi à l’aéroport du Bourget dans une opération de prestige financée par le milliardaire russe Andreï Kozitsyn. Une célébration minimale organisée après moult polémiques.

A Moscou, c’est l’attaché militaire de l’ambassade de France qui devait diriger la cérémonie de départ. Il était prévu que quarante figurants habillés en grognards de l’Empire accueillent le cortège en compagnie de la fanfare de la garde nationale russe. Des chevaux devaient ensuite tirer une calèche portant la dépouille jusqu’à l’avion affrété pour le vol. Au Bourget, la dépouille devait être accueillie par la ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, dans un protocole tout en retenue et discrétion, même si cette dernière promet quelques annonces.

On est loin du faste imaginé ces derniers mois par le personnage sulfureux à l’origine de l’opération : Pierre Malinowski, un autodidacte plus connu pour sa proximité avec Jean-Marie Le Pen que pour ses travaux historiques. A l’origine, dans son esprit du moins, il était question de faire du retour du général défunt un prétexte pour une rencontre entre le président russe, Vladimir Poutine, et Emmanuel Macron, à l’issue d’une cérémonie se déroulant aux Invalides, où aurait pu être inhumée la figure napoléonienne. La réputation de ce proche de Marion Maréchal-Le Pen, qui se vante d’avoir ses entrées au Kremlin, n’a pas aidé, en dépit de l’oreille attentive d’abord trouvée dans l’entourage du chef de l’Etat français, en particulier de la part de son conseiller pour les questions de mémoire, l’ancien journaliste Bruno Roger-Petit.

Le retour du général Gudin a aussi été télescopé par les dures réalités géopolitiques du moment. La dégradation des relations bilatérales a fait s’envoler l’idée d’un hommage au service du rapprochement entre la France et la Russie. Le « dialogue » engagé par Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine, depuis sa visite au fort de Brégançon en août 2019, est dans l’impasse. L’empoisonnement, l’été dernier, de l’opposant russe Alexeï Navalny au Novitchok, attribué aux services russes, suivi de son incarcération, les tensions militaires en Ukraine et en Syrie ont achevé de compromettre une rencontre entre les deux présidents.

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