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Slavi, le chanteur qui chamboule la vie politique bulgare

Stanislas Trifonov, plus connu  sous le nom  de « Slavi », lors  d’un concert  à Sofia,  le 29 octobre 2016.  NIKOLAY DOYCHINOV/AFP NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

L’homme dont toute la Bulgarie guette les rares apparitions reçoit Le Monde, le 21 juin, au siège de sa société de production télévisuelle, en plein cœur de Sofia. Dans les bureaux de 7/8, du nom du rythme de la musique balkanique qui a fait de lui une star nationale, en plus de sa carrière de présentateur télé, des photos le montrant dans les tenues les plus folles tapissent l’escalier. Mais, à 54 ans, Stanislav Trifonov, que les Bulgares surnomment tout simplement « Slavi », se tient difficilement sur un canapé, dans son vaste bureau.

A ses côtés, une béquille. « Je me suis fait une fracture dont j’ai du mal à me remettre », assure-t-il, alors que son état de santé fait l’objet de rumeurs persistantes dans la capitale bulgare et qu’il a quasi disparu de l’espace public depuis des semaines. Difficile de croire que cet homme en jogging, au crane rasé et à la peau livide, qui refuse de se faire photographier, est devenu le principal challenger des élections législatives anticipées convoquées le 11 juillet dans ce pays de 7 millions d’habitants, connu comme étant le plus pauvre et le plus corrompu de l’Union européenne.

Mais, dès qu’on parle de corruption, Slavi se redresse et darde un œil noir dans les yeux de son interlocuteur. « Nous avons des lois brillantes, mais elles ne sont pas appliquées. Il faut reconstruire le système judiciaire », fustige celui que les sondages donnent en tête ou légèrement derrière le premier ministre conservateur sortant, Boïko Borissov. Ce dernier, à la tête de la Bulgarie de façon quasi continue depuis 2010, a échoué à former une coalition après les législatives du 4 avril. Ce qui a mené à la convocation de nouvelles élections où le parti fondé et dirigé par Slavi, Ima takouv narod (ITN ; « Il y a un tel peuple »), dont le siège se trouve à l’étage juste en dessous des bureaux de 7/8, devrait encore progresser, après avoir obtenu 17,4 % des voix à la surprise générale en avril.

« Dans le salon des gens depuis vingt ans »

S’il l’emporte, Stanislav Trifonov promet notamment de limoger le controversé procureur général, accusé de fermer les yeux sur la corruption. « Son fauteuil est trop grand pour lui, critique-t-il. Lors des manifestations de l’été dernier des centaines de milliers de Bulgares et de jeunes revenus de l’étranger ont protesté, leur opinion doit être considérée. » Mais son principal programme se base surtout sur trois piliers : passer à un système électoral majoritaire, introduire le vote électronique et réduire le financement des partis politiques de 8 à 1 leva par voix obtenues (4 à 0,50 euro). « Le système majoritaire est mieux parce qu’il permet de voter pour une personne plutôt que pour un parti », défend-il.

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