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A Strasbourg, Macron plaide pour une Europe plus agile

Le président Emmanuel Macron après la conférence sur l’avenir de l’Europe, au Parlement européen à Strasbourg, le 9 mai 2021. Le président Emmanuel Macron après la conférence sur l’avenir de l’Europe, au Parlement européen à Strasbourg, le 9 mai 2021.

L’événement a été organisé en cette journée symbolique de la Fête de l’Europe. Emmanuel Macron a plaidé, dimanche 9 mai, pour une Union européenne plus agile, décidant « plus vite et plus fort ». Des annonces qui interviennent à l’occasion du lancement à Strasbourg de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, une vaste consultation citoyenne.

« Face à l’autoritarisme, la seule réponse qui vaille est l’autorité de la démocratie » qui « ne se gagne que par l’efficacité et la vitesse », a avancé le chef de l’Etat depuis l’hémicycle clairsemé du siège du Parlement européen à Strasbourg, transformé pour l’occasion en une sorte de plateau télévisé.

« Notre démocratie européenne est une démocratie de compromis, d’équilibre, ce qui est une vertu que nous devons protéger, mais c’est aussi une faiblesse quand elle s’étouffe dans ses propres procédures. »

Pour Emmanuel Macron, l’Europe doit « décider plus vite et plus fort », notamment pour renforcer « la souveraineté » du continent dans des secteurs stratégiques comme la santé, alors que l’UE a été vivement critiquée pour sa gestion de la crise sanitaire.

Renforcer la dimension européenne de Strasbourg

Le président français a profité aussi de sa présence à Strasbourg pour souligner face aux chefs des institutions européennes le « symbole vivant » représenté par cette ville dans l’histoire de la construction européenne. « C’est ici que bat le cœur de la démocratie européenne », a-t-il affirmé, alors que le siège strasbourgeois du Parlement européen est déserté depuis février 2020 par les eurodéputés en raison de la crise sanitaire, au profit de Bruxelles et au grand dam de la France.

Le président de l’institution, l’Italien David Sassoli, a déclaré « ne pas dout[er] que le Parlement européen pourra revenir très bientôt à Strasbourg », mais sans avancer de date, alors qu’Emmanuel Macron a souhaité que la session plénière de juin marque son retour dans la capitale alsacienne.

Après avoir donné le coup d’envoi de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, Emmanuel Macron a, par ailleurs, signé un contrat triennal avec les collectivités territoriales pour renforcer la dimension européenne de Strasbourg. Appelant « au retour des grands projets » et « des grandes ambitions », le président français a souligné que cette conférence représentait « un exercice inédit » pour « envisager notre avenir » dans les dix prochaines années.

Appel aux jeunes

Cette consultation démocratique, avec une plate-forme en ligne qui doit permettre aux citoyens européens de partager leur vision du futur de l’Europe et être complétée en France par des « consultations citoyennes », doit s’étendre sur une année et rendre ses propositions au moment où la France assumera la présidence tournante de l’UE.

Un calendrier qui tombe à pic pour le chef de l’Etat qui compte faire de cette présidence de l’UE un atout pour la présidentielle de mai 2022. En dépit des âpres négociations entre institutions qui ont jeté le doute sur la volonté de l’UE de tirer de tout ce processus de véritables orientations politiques, Emmanuel Macron tout comme les dirigeants de l’UE ont assuré dimanche qu’ils tiendraient compte des propositions des citoyens.

Cette conférence « ne doit pas rester un exercice centré à Bruxelles », a considéré le premier ministre portugais, Antonio Costa, dont le pays préside actuellement l’UE. Le président du Parlement européen, l’Italien David Sassoli, a d’ores et déjà suggéré plusieurs pistes de réformes, plaidant pour un renforcement du rôle de son institution avec un droit d’initiative en matière législative, à l’image de celle des parlements nationaux, et estimant que les citoyens devaient pouvoir se prononcer sur la présidence de la Commission européenne.

Il a également mis en cause la règle de l’unanimité au Conseil, où siègent les Etats membres, estimant qu’elle entravait la prise de décision et permettait à « des acteurs géopolitiques extérieurs » de « profiter des divisions » entre les Vingt-Sept.

En dépit d’une cérémonie plutôt protocolaire et atone, les jeunes Européens ont été appelés avec insistance à se saisir de cette conférence. « Nous sommes à un moment particulièrement important pour les jeunes, pour qu’ils puissent s’exprimer », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

La principale inconnue demeure précisément la participation des citoyens au débat, après une précédente consultation en 2018 qui s’était perdue dans les limbes et une initiative du même ordre en 2002 qui avait accouché du projet de Constitution européenne, anéanti par le « non » des référendums français et néerlandais.

Le Monde avec AFP

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