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Colombie : après neuf jours de manifestations, le gouvernement appelle au dialogue

Cela suffira-t-il à apaiser les tensions après neuf jours de manifestations et de nombreux morts autant que de blessés ? Le gouvernement colombien a appelé jeudi 6 mai à un dialogue entre « tous les segments » de la société.

« Il faut écouter tous les secteurs du pays, mais le pays doit également écouter le gouvernement (…). Cela comprend ceux qui manifestent, mais aussi ceux qui ne manifestent pas », a déclaré sur les ondes de Blu Radio le conseiller présidentiel Miguel Ceballos, désigné médiateur dans cette crise par le gouvernement.

Des discussions ont débuté mercredi sous sa supervision, avec la participation du défenseur du peuple, d’un organisme public de protection des droits, du parquet et des syndicats. M. Ceballos a assuré qu’il rencontrerait lundi les leaders des manifestations en dehors du siège de la présidence. Il n’a toutefois pas confirmé la participation du chef de l’Etat.

Le comité national de grève, qui a lancé l’appel à la mobilisation, s’est dit prêt à un dialogue direct avec Ivan Duque.

La vague contestataire dure depuis le 28 avril en Colombie : elle s’est initialement levée contre un projet de réforme fiscale qui, selon ses critiques, aurait affecté la classe moyenne et était inopportun en pleine pandémie de Covid-19. Projet que le président a retiré, promettant un nouveau texte sans les points contestés.

Nouveaux mots d’ordre

Mais le mouvement de contestation, qui rassemble des syndicats de divers secteurs, des étudiants, des indigènes ainsi que des défenseurs de l’environnement, s’est maintenu sous de nouveaux mots d’ordre. Les manifestants réclament notamment une amélioration des politiques de santé, d’éducation, de sécurité et dénoncent les abus des forces de l’ordre.

Selon des sources officielles, au moins 24 personnes ont été tuées et quelque 850 ont été blessées depuis le début de ces rassemblements.

Au cours d’une conférence de presse virtuelle, le ministre de la défense, Diego Molano, a une nouvelle fois imputé les troubles survenus pendant les manifestations aux dissidents de l’ancienne guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et aux rebelles de l’Armée nationale de libération.

Les Nations unies, l’Union européenne, les États-Unis et plusieurs autres organisations internationales de défense des droits humains ont dénoncé les agissements de la police pendant les manifestations. « S’il y a eu un usage excessif de la force, il faudra rendre des comptes », a concédé le ministre de l’intérieur, Daniel Palacios, pendant la conférence de presse.

Ivan Duque, dont la popularité est en berne (à 33 %), a été confronté à de multiples manifestations depuis 2019, dans un pays en récession et en pleine recrudescence du conflit armé qui le mine depuis près de soixante ans.

Le Monde avec AFP

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