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En Bolivie, la succession violente d’Evo Morales continue de peser sur la vie politique

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Analyse. Tous les Boliviens s’y attendaient. Mais l’arrestation, le 13 mars, puis le placement en détention provisoire de Jeanine Añez, présidente de transition entre novembre 2019 et novembre 2020, accusée d’avoir participé à un « coup d’Etat » contre Evo Morales, a causé une vive agitation. La violente crise politique en octobre-novembre 2019 avait entraîné le départ forcé d’Evo Morales, qui briguait un quatrième mandat, mais était accusé de fraude par l’opposition. Elle avait conduit Mme Añez, sénatrice conservatrice, à la tête du pays alors que rien ne l’y prédisposait.

Dix-huit mois plus tard, le Mouvement pour le socialisme (MAS) de M. Morales est de nouveau au pouvoir avec l’élection de Luis Arce en octobre 2020. Samedi 20 mars, la détention de l’ancienne présidente par intérim a été prolongée jusqu’en septembre. Et l’opposition entre des versions divergentes des événements de 2019 – fraude électorale massive ou coup d’Etat – continue de pourrir la vie politique du pays.

Les détracteurs de M. Morales le considèrent comme un « dictateur » puisqu’il n’a pas respecté le vote populaire opposé à sa quatrième candidature lors d’un référendum en 2016. S’appuyant sur un rapport de l’Organisation des Etats américains (OEA), ils l’accusent d’avoir manipulé le scrutin du 20 octobre 2019 pour se faire réélire dès le premier tour. Pour ses partisans, les accusations de fraude ont été un prétexte pour le renverser et placer la droite au pouvoir.

Un rapport qui divise

Le flou qui a entouré le décompte des bulletins, l’écart de moins de 35 000 voix entre M. Morales et le candidat de droite, Carlos Mesa, la méfiance envers des institutions électorales accusées de partialité, ont soulevé la colère d’une partie de la population, estimant qu’on lui a volé son vote. Y a-t-il eu fraude ? La réponse est loin d’être tranchée. Rendu le 10 novembre, après trois semaines de manifestations et de violences, le rapport de l’OEA a estimé qu’une victoire d’Evo Morales au premier tour en 2019 était « statistiquement improbable ». Le soir même, le chef de l’Etat démissionnait et quittait le pays.

Le rapport ne fait pourtant pas consensus. S’il a été confirmé par sept autres études, huit contre-expertises en réfuteront les conclusions, l’une d’elles le qualifiant de « statistiquement défectueux ». En juin 2020, une analyse révélée par le New York Times soutient que « l’évolution des votes tardifs n’est pas le signe d’une fraude », sans pour autant conclure à l’absence de fraude. D’aucuns accusent de partialité l’OEA, une organisation perçue par de nombreux Latino-Américains comme un instrument d’ingérence étatsunienne.

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