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B.1.617, le « double mutant » indien qui commence à inquiéter les scientifiques

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Un personnel de santé réalise un test de dépistage du Covid-19, à Amritsar (Inde), le 18 avril. Un personnel de santé réalise un test de dépistage du Covid-19, à Amritsar (Inde), le 18 avril.

Politiques ou scientifiques, les autorités indiennes démentent toutes que l’envolée actuelle de l’épidémie de Covid-19 observée dans le sous-continent soit due au variant indien du nouveau coronavirus. Il y contribue, mais le manque de données laisse planer un doute sur sa prévalence.

Repéré pour la première fois le 5 octobre 2020 près de Nagpur, la ville située au centre géographique de l’Inde, le « double mutant », comme l’appellent les médias, B.1.617 de son vrai nom, représenterait 24 % des variants identifiés dans des échantillons prélevés aux mois de février et mars sur des patients indiens contaminés et ayant fait l’objet d’un séquençage génétique (contre 13 % pour le variant britannique B.1.17), d’après un rapport mis en ligne jeudi 15 avril par le site outbreak.info, qui s’appuie sur les séquences partagées internationalement dans la base de données Gisaid.

« Ces données donnent un aperçu des souches en circulation dans un lieu donné mais le séquençage du SARS-CoV-2 n’étant pas réalisé sur un échantillon aléatoire de mutations, elles n’indiquent pas la véritable prévalence des mutations », prend la précaution de préciser cette source. En réalité, la prévalence du B.1.617 s’établirait autour de 11 % en Inde actuellement.

« On le retrouve dans de plus en plus d’échantillons »

« Il a fallu du temps pour comprendre que l’on était en présence d’un véritable variant. On en a eu la confirmation en décembre et aujourd’hui, il se répand très très vite et on le retrouve dans de plus en plus d’échantillons », admet le généticien Rakesh Mishra, directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire (CCMB), basé à Hyderabad.

Dans l’Etat du Maharashtra, où se trouvent Nagpur et la capitale financière de l’Inde, Bombay, la prévalence du B.1.617 est « actuellement de 55 % environ » mais ailleurs en Inde, elle oscille « entre 2 et 10 % », indique cet expert, dont l’établissement fait partie des dix laboratoires spécialisés dans le séquençage du génome réunis, le 30 décembre 2020, au sein du Consortium indien de génomique appliquée au SARS-CoV-2 (INSACOG).

Vendredi 16 avril, cette instance a fait savoir que depuis sa création, 13 614 échantillons lui ont été soumis. Le B.1.617 n’y a pas été recherché, pour la bonne raison qu’il n’est pas encore référencé officiellement dans la catégorie des variants « à problème ». Ainsi, l’INSACOG se contente d’indiquer avoir identifié 1 189 échantillons comportant un variant : le britannique en très grande majorité (1 109 échantillons), le sud-africain (79), et le brésilien (1).

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