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Un documentaire de la chaîne d’Etat chinoise justifie la condamnation à mort de responsables ouïgours

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Le 31 août 2018, une femme passe devant un bâtiment présenté comme une école, dans la préfecture de Kashgar, au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Pékin a déclaré avoir condamné à mort deux anciens responsables de la région, y compris l’ancien chef du département de l’éducation, pour séparatisme et corruption. Le 31 août 2018, une femme passe devant un bâtiment présenté comme une école, dans la préfecture de Kashgar, au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine. Pékin a déclaré avoir condamné à mort deux anciens responsables de la région, y compris l’ancien chef du département de l’éducation, pour séparatisme et corruption.

La Chine a lancé une nouvelle campagne de propagande pour justifier sa politique répressive au Xinjiang. Dans un contexte international tendu, notamment à la suite des sanctions contre plusieurs responsables chinois adoptées par l’Union européenne fin mars, la chaîne de télévision d’Etat CCTV a diffusé, le 2 avril, un documentaire intitulé La Guerre dans l’ombre : les défis de la lutte contre le terrorisme dans le Xinjiang, également diffusé en français par la division internationale de la chaîne, CGTN.

Ce dernier opus d’une série de quatre documentaires sur le terrorisme au Xinjiang tente de démontrer les liens de certains responsables locaux avec des organisations terroristes internationales et l’influence des officiels ouïgours « à deux visages », autrement dit, les traîtres qui opéreraient dans l’ombre, tout en occupant des postes à responsabilité.

D’après le documentaire, un ancien chef de la police locale et un ex-responsable du bureau de l’éducation du Xinjiang ont été condamnés à la peine capitale et trois autres responsables de l’éducation à la prison à perpétuité. Ces derniers sont accusés d’avoir participé à l’élaboration de manuels scolaires qui « peuvent estomper et ébranler le sens de l’identité nationale ».

Mardi 6 avril, le gouvernement du Xinjiang a confirmé la condamnation à mort des deux officiels, assortie d’un sursis de deux ans – une peine généralement commuée en prison à vie. Ces anciens responsables ont été arrêtés entre 2017 et 2019, au début d’une vaste campagne de répression au Xinjiang qui a vu l’internement en camps de « rééducation » de plus d’un million de Ouïgours, Kazakhs et autres membres de minorités musulmanes. Après avoir nié l’existence de ces camps, la Chine les présente désormais comme des « centres de formation professionnelle ».

Justifier la politique menée au Xinjiang

La Chine a répondu aux sanctions de l’Union européenne et des Etats-Unis, du Canada et du Royaume-Uni, fin mars, en sanctionnant à son tour des dizaines de personnalités politiques, chercheurs et instituts de ces pays. Dans la foulée, une grande campagne de boycottage a été lancée contre des marques de prêt-à-porter occidentales qui avaient mis fin à leur approvisionnement en coton du Xinjiang, sur fond d’accusation de travail forcé des Ouïgours dans l’industrie textile.

Depuis, les médias d’Etat ont redoublé d’efforts pour justifier la politique menée dans la région autonome de l’Ouest chinois depuis 2017. L’objectif est notamment de démontrer un lien entre les nombreux attentats perpétrés par des Ouïgours et une mouvance terroriste internationale, le Mouvement islamiste du Turkestan oriental (MITO). Son existence est aujourd’hui contestée : Washington a retiré le MITO de sa liste d’organisations terroristes en 2020, faute de preuve que le mouvement continue d’exister.

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