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En Equateur, des mutineries dans trois prisons font 75 morts

La prison de Guayaquil, en Equateur, le 23 février. La prison de Guayaquil, en Equateur, le 23 février.

Les mutineries dans les établissements pénitentiaires qui tournent au massacre sont récurrentes en Amérique latine. Et la crise des prisons d’Equateur ne date pas d’hier. Mais jamais ce petit pays de 17 millions d’habitants n’avait connu un tel débordement de violence : 75 détenus ont été tués, mardi 23 février. De source officielle, les violences ont éclaté à l’aube « presque simultanément » dans trois centres pénitentiaires surpeuplés – ils le sont tous dans cette région du monde.

Selon le général Edmundo Moncayo, directeur du service pénitentiaire (SNAI), ces trois prisons accueillent 70 % de la population carcérale du pays. Les autorités attribuent les violences à des rivalités entre bandes criminelles liées au trafic de drogue. Le président Lenin Moreno, qui n’est pas apparu en public, a dénoncé, sur son compte Twitter, « les actions violentes simultanées d’organisations criminelles », avant d’annoncer qu’il avait « donné ordre au ministère de la défense de reprendre le contrôle des armes et des explosifs autour des centres pénitentiaires ».

Les affrontements ont duré plusieurs heures. Des images d’une violence extrême ont circulé sur WhatsApp. On y voit des corps mutilés, décapités, gisant dans des mares de sang. Les télévisions montraient les femmes, mères, épouses ou sœurs de détenus, rongées d’inquiétude devant les prisons en attente de nouvelles. Le Défenseur du peuple – l’institution chargée de veiller au respect des droits humains – a dénoncé « un massacre sans précédent ».

Une tentative de perquisition

En fin de journée, le bilan officiel faisait état de 34 détenus tués dans la prison régionale du port de Guayaquil, sur la côte Pacifique, 33 dans celle de Turi, plus au sud, et 8 à Latacunga, chef-lieu de la province andine de Cotopaxi. Cette prison avait déjà été le théâtre, en décembre 2020, d’une mutinerie qui s’était soldée par la mort de 5 personnes. En août, 11 détenus avaient été tués à Guayaquil.

Le nombre de blessés parmi les détenus n’a pas été précisé lundi. Le bilan officiel indique qu’il y a eu des « policiers blessés », sans plus de détail. Aucun fonctionnaire ni agent des forces de l’ordre n’aurait été tué.

Quelque 800 policiers ont été déployés pour reprendre le contrôle des prisons. Les forces spéciales d’intervention ont pénétré dans les établissements insurgés, pendant que l’armée sécurisait les alentours. A la tombée de la nuit, le SNAI affirmait que la situation était sous contrôle.

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