France World

Les Pays-Bas sous le choc après un week-end de manifestations violentes contre un couvre-feu inédit

Après les manifestations en réaction au couvre-feu, à Eindhoven (Pays-Bas), le 25 janvier. Après les manifestations en réaction au couvre-feu, à Eindhoven (Pays-Bas), le 25 janvier.

Un hôpital attaqué à Enschede, un centre de dépistage détruit par le feu à Urk, des policiers menacés avec des couteaux à Eindhoven, des charges de la police à cheval au cœur d’Amsterdam… les Pays-Bas étaient sous le choc, lundi 25 janvier, après un week-end marqué par des manifestations violentes contre les décisions imposées par le gouvernement afin d’endiguer l’épidémie de Covid-19.

Mark Rutte, premier ministre démissionnaire depuis une dizaine de jours, et qui se lance dans la campagne en vue des législatives du 17 mars, a dénoncé « une violence criminelle qui sera traitée comme telle ». « Tout cela n’a rien à voir avec une lutte pour la liberté. Nous devons gagner le combat contre le virus, sinon nous ne retrouverons pas notre liberté », a expliqué le dirigeant libéral.

Lire aussi Covid-19 dans le monde : des heurts avec la police en marge de manifestations contre le couvre-feu aux Pays-Bas

Dix villes au total ont été le théâtre d’incidents violents auxquels la police et la gendarmerie disaient s’être préparées en constatant les nombreux appels à la mobilisation lancés sur les réseaux sociaux. La détermination des manifestants, qui n’étaient souvent que quelques centaines, a toutefois surpris tout le monde. Y compris des journalistes, menacés et parfois agressés, car considérés comme complices des autorités. Les reporters de la chaîne publique ont d’ailleurs renoncé depuis quelques semaines à se déplacer dans les camions satellites portant le sigle NOS et sont désormais accompagnés de gardes du corps, dont l’un a été arrosé de spray au poivre le week-end du 23 et du 24 janvier.

Le mouvement rassemblait visiblement des opposants de tout type : antivaccins, jeunes mécontents, casseurs, opposants à la politique du premier ministre libéral, défenseurs des libertés publiques, etc. Ce n’est pas la première fois que des protestations étaient organisées mais elles n’avaient jamais pris un tour aussi violent.

« Risque d’une guerre civile »

A Amsterdam, l’une des porte-parole des manifestants portait une casquette siglée du slogan trumpiste « Make America great again ». Michel Reijinga, présenté comme l’organisateur d’une mobilisation qui semblait en réalité très informelle, affirmait, lui, qu’il rejetait la violence et avait seulement invité à « prendre un café » sur la place des Musées, haut lieu culturel de la capitale.

Le mouvement de protestation a aussi gagné des endroits plus insolites, comme Urk, au cœur de la « Bible Belt » néerlandaise. Ce petit port de pêche de la province du Flevoland est un foyer du conservatisme protestant, où plus de 90 % des habitants fréquentent le temple. En octobre, la population avait enfreint les règles limitant à 30 le nombre de fidèles, estimant que la loi de Dieu était supérieure à celle du gouvernement. Seule la mort d’un médecin atteint du Covid-19 et le fait que la commune détenait le record national des contaminations semblait avoir vaincu, récemment, l’hostilité des habitants à la vaccination.

Il vous reste 53.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

L’article Les Pays-Bas sous le choc après un week-end de manifestations violentes contre un couvre-feu inédit est apparu en premier sur zimo news.