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Avion dérouté vers la Biélorussie : l’hypothèse de l’alerte à la bombe réfutée par une enquête des Nations unies

« Délibérément fausse » : c’est ainsi que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) qualifie l’alerte à la bombe qui avait obligé, le 23 mai 2021, le vol Ryanair FR4978 reliant la Grèce à la Lituanie, à atterrir à Minsk. Les autorités biélorusses avaient alors arrêté un journaliste dissident, Roman Protassevitch, et sa compagne Sofia Sapega qui se trouvaient à bord.

La semaine dernière, huit mois après les faits, l’OACI, une agence des Nations unies (ONU), dont le siège se trouve à Montréal, a remis aux 193 pays membres son rapport dans lequel elle souligne les zones d’ombre des explications des Biélorusses, sans parvenir à identifier les responsables du déroutage de l’avion. Le rapport sera examiné, lundi 31 janvier, par les 36 Etats qui siègent à son conseil.

La Biélorussie, dirigée par Alexandre Loukachenko a toujours expliqué que c’était en raison d’une alerte à la bombe que l’avion avait été dérouté vers Minsk. Le rapport de l’OACI confirme que les fouilles au départ et à l’arrivée ayant été infructueuses, « il est considéré que l’alerte à la bombe était délibérément fausse ». Mais l’agence « n’a pas été en mesure d’attribuer la commission de cet acte d’intervention illicite à un individu ou à un Etat ».

De nombreuses incohérences

Toutefois, le document qui décortique cette journée minute par minute montre que la Biélorussie a caché certaines informations cruciales pour l’enquête et n’a pas été en mesure d’expliquer certaines incohérences.

Concernant l’e-mail contenant l’alerte à la bombe, l’agence note que les horaires fournis par les autorités biélorusses sont incorrects. Les échanges, rapportés par l’OACI, entre la tour de contrôle de Minsk et les pilotes de l’avion montrent l’incompréhension de l’équipage et leur doute quant au respect des procédures devant les réponses évasives de l’aéroport biélorusse.

Le rapport précise également qu’en dépit de la présence supposée d’explosifs dans l’appareil, il a fallu trente minutes pour débarquer les passagers et que le pilote a été autorisé à rester à bord. Et qu’ensuite, la recherche de la bombe présumée à l’intérieur de l’avion a été superficielle et n’a duré que dix-huit minutes.

« Ce rapport met en lumière toutes les incohérences dans la version biélorusse des faits », a estimé le ministère français des affaires étrangères. « Il en résulte que le régime biélorusse a orchestré le détournement d’un avion civil dans le seul but d’arrêter un journaliste d’opposition, Roman Protassevitch. »

La justice américaine a inculpé la semaine dernière des responsables gouvernementaux biélorusses accusés de ce déroutage, une décision judiciaire sans précédent en pleine tension entre les Etats-Unis et la Russie, alliée de la Biélorussie.

En juin dernier, l’Union européenne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada s’étaient coordonnés pour mettre la pression sur le président Loukachenko avec des sanctions individuelles et des sanctions économiques.

Le Monde avec AFP

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