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Après une semaine de négociations sur le nucléaire iranien, la déception des Occidentaux

Les délégations iranienne et britannique lors des négociations de Vienne autour du nucléaire iranien, le 3 décembre 2021. AFP PHOTO / EU DELEGATION IN VIENNA

Une première semaine décevante et sans espoir de percée. Le cycle de négociations ouvert avec le retour à Vienne des négociateurs iraniens, lundi 29 novembre, n’a pas permis le moindre progrès pour tenter de sauver l’accord nucléaire de 2015. Les pourparlers ont été suspendus vendredi 3 décembre après-midi, dans une certaine confusion. Il a été annoncé un peu plus tard que les discussions reprendraient mercredi 8 décembre, le temps pour chaque délégation de faire une pause, de rentrer dans sa capitale et de consulter son gouvernement.

Après cinq jours de tractations, les Etats-Unis et les Européens ont fait connaître, comme l’ont résumé ces derniers, « leur déception et leur inquiétude ». Pour eux, les Iraniens continuent d’avancer des demandes maximalistes en vue de lever toutes les sanctions approuvées à leur rencontre à l’initiative de l’administration Trump, quand celle-ci a dénoncé l’accord nucléaire, voici trois ans. Ils exigent aussi des garanties pour éviter tout retrait américain, en cas de nouveau compromis. Deux exigences inacceptables pour Washington.

Pour ne rien arranger, les représentants iraniens ou américains ne se parlent pas directement dans la capitale autrichienne. L’Iran, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine – les pays qui n’ont pas dénoncé l’accord – discutent dans les salons du prestigieux hôtel Coburg, sans les Etats-Unis, installés dans un autre établissement. Des diplomates font la navette pour faire passer les messages. En vain, à ce stade.

« Le nouveau gouvernement iranien n’est pas venu à Vienne avec des propositions constructives », a mis en cause vendredi la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki : « l’approche de l’Iran cette semaine n’a pas été, malheureusement, de tenter de résoudre les problèmes en suspens », a-t-elle poursuivi. « Plus important encore, l’Iran a entamé ce nouveau cycle de négociations avec un nouveau cycle de provocations nucléaires, comme l’a rapporté l’AIEA [l’Agence internationale de l’énergie atomique], et ils n’ont toujours pas réussi à s’entendre avec l’AIEA pour rétablir la coopération et la transparence qu’ils ont détériorées ces derniers mois », a poursuivi Mme Psaki. Téhéran complique l’accès de ses sites aux inspecteurs de l’agence.

Temps trop compté pour poursuivre

Les propositions iraniennes « sont soit en deçà » de l’accord, quand il s’agit de leurs engagements en vue de mettre un terme à leur programme nucléaire, « soit au-delà » à propos des exigences posées aux Etats-Unis avant de convenir d’un nouveau compromis, ont expliqué les représentants français, allemand et britannique. Les Européens font valoir que le temps est trop compté pour poursuivre sur la base des exigences iraniennes. Ils soupçonnent les Iraniens, qui nient vouloir fabriquer une bombe nucléaire, de continuer à mener leur programme, en jouant la montre au sujet du sauvetage de l’accord. Téhéran enrichit déjà de l’uranium à plus de 60 %, en violation de l’accord de 2015, et dispose de centrifugeuses modernes pour produire de la matière fissile.

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