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Manifestations à Cuba : l’ONU demande la libération des prisonniers et appelle au dialogue

Un homme est arrêté lors d’une manifestation contre le gouvernement du président Miguel Diaz-Canel à Arroyo Naranjo, municipalité de la capitale cubaine La Havane, le 12 juillet 2021. YAMIL LAGE / AFP

La haut-commissaire de l’Organisation des nations unies (ONU) aux droits de l’homme a demandé, vendredi 16 juillet, la libération urgente des personnes arrêtées lors de manifestations à Cuba. Michelle Bachelet appelle au dialogue, tout en réclamant la levée des sanctions qui frappent le pays.

La population cubaine est confrontée à de graves pénuries, aggravées par la crise économique qui atteint le pays. L’île a été secouée le 11 juillet par des manifestations historiques, d’une ampleur inédite depuis la révolution de 1959.

Un mort et une centaine d’arrestations

« J’exhorte le gouvernement à répondre aux demandes des manifestants par le dialogue et à respecter et protéger pleinement les droits de tous les individus à la réunion pacifique et à la liberté d’opinion et d’expression », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué.

« Je regrette profondément la mort d’un manifestant dans le contexte des manifestations à La Havane ; il est important qu’une enquête indépendante, transparente et efficace soit menée et que les responsables soient punis », a-t-elle ajouté. L’ancienne présidente du Chili a également réitéré « son appel à la levée des sanctions sectorielles unilatérales, compte tenu de leur impact négatif sur les droits humains, y compris le droit à la santé ».

La Havane, sous sanctions américaines depuis 1962, a attribué la responsabilité de ces débordements à Washington, qui poursuit une « politique d’étranglement économique pour provoquer des troubles sociaux ». Le gouvernement cubain a annoncé mercredi une première salve de mesures pour apaiser la population, en facilitant notamment l’importation sur l’île d’aliments et de médicaments.

Les mobilisations, dont certaines se sont poursuivies lundi, ont fait un mort et plus de cent détenus, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale. « Je suis très préoccupée par le recours excessif présumé à la force contre des manifestants à Cuba et par l’arrestation d’un grand nombre de personnes, dont plusieurs journalistes », a souligné Mme Bachelet. « Il est particulièrement inquiétant que, parmi eux, se trouvent des personnes qui seraient détenues au secret et des personnes dont on ignore où elles se trouvent. Toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits doivent être libérées de toute urgence », a-t-elle ajouté.

Joe Biden prêt à « aider le peuple de Cuba »

Le président des Etats-Unis a répondu jeudi aux critiques adressées à son administration concernant la réaction des Etats-Unis face à cette crise. Joe Biden a assuré, lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel, qu’il envisageait « plusieurs choses (…) pour aider le peuple de Cuba », un « Etat défaillant qui opprime ses citoyens ».

Il a notamment annoncé se tenir prêt à envoyer des « quantités importantes » de vaccins anti-Covid-19 « si, de fait, [il était] certain qu’une organisation internationale administrerait ces vaccins et le ferait de manière à ce que les citoyens aient accès à ces vaccins », Cuba n’ayant pas adhéré au programme onusien Covax. Les Etats-Unis vérifient par ailleurs s’ils disposent des « capacités technologiques » nécessaires au « rétablissement » de l’Internet mobile coupé sur l’île communiste, a-t-il ajouté.

Les relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, après une brève réconciliation entre 2014 et 2016, sont au plus bas depuis le mandat de Donald Trump. Durant le temps qu’il a passé à la tête du pays, l’ancien président des Etats-Unis a renforcé l’embargo, en vigueur depuis 1962, dénonçant des violations des droits de l’homme et le soutien de La Havane au gouvernement de Nicolas Maduro au Venezuela. Ces sanctions, ainsi que l’absence de touristes due à la pandémie, ont plongé Cuba dans une profonde crise économique et généré un fort malaise social, suivi de près à Washington et sur le continent américain.

Le président de la République de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a affirmé vendredi que les Etats-Unis avaient « échoué dans leurs efforts pour détruire Cuba, bien qu’ils aient dépensé des milliards de dollars à cette fin ». « Un Etat défaillant est un Etat qui, pour plaire à une minorité réactionnaire et qui lui fait du chantage, est capable de multiplier les dommages à 11 millions d’êtres humains tout en ignorant la volonté de la majorité des Cubains, des Américains et de la communauté internationale », a tweeté le dirigeant communiste, à propos de l’embargo américain.

Le Monde avec AFP

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